Premio Europa per il Teatro Premio Europa per il Teatro Premio Europa per il Teatro Premio Europa per il Teatro
Histoire

 

Le Prix Europe pour le Théâtre, programme pilote de la Commission Européenne – présidée par Jacques Delors et dont le premier Commissaire à la Culture a été Carlo Ripa di Meana - est né en 1986 avec le soutien et le parrainage de la Communauté Européenne afin de récompenser les personnalités ou institutions théâtrales qui ont « contribué à la réalisation d’événements culturels déterminants pour la compréhension et la connaissance entre les peuples. » Le Prix Europe pour le Théâtre a été reconnu par le Parlement Européen et le Conseil Européen en tant qu’ « organisation d’intérêt culturel européen ». Conformément à ces critères, la première artiste primée, en 1987, par le Jury international présidé par Irène Papas, fut Ariane Mnouchkine, pour son activité avec le Théâtre du Soleil. Le Prix conféré à Ariane Mnouchkine fut un véritable « coup de théâtre, émouvant et prophétique ».  Au cours de la cérémonie de Remise des Prix, diffusée en Eurovision à partir du Théâtre Grec de Taormine, l’artiste souhaita voir s’abattre les barrières qui divisaient encore à l’époque les deux blocs séparés du continent européen, et déclara qu’elle voulait dédier son prix aux artistes de l’ « autre Europe », qui était alors encore sous le régime communiste. En même temps, puisque la vie théâtrale dans sa forme la plus engagée était difficile également en Occident, la contribution économique constituée par le Prix représenta une aide pour le Théâtre du Soleil en vue de poursuivre ses activités et sa recherche théâtrale. Au cours de cette même édition, Carlo Ripa di Meana, commissaire à la culture de la Commission Européenne de l’époque, décida de remettre un prix spécial à l’actrice grecque Melina Mercouri – la marraine de la première édition du Prix – devenue Ministre de la Culture de son pays, pour avoir su conjuguer au sein de l’activité publique et artistique, la passion politique avec une profonde sensibilité culturelle. Durant l’édition suivante, l’attention portée à la figure des artistes primés et à leur style de travail théâtral, devint plus intense et directe. Le prix à Peter Brook inaugura un usage qui devint, à partir de ce moment-là, l’une des caractéristiques les plus appréciées du Prix Europe : le travail de réflexion et d’étude autour des lauréats s’exprima cette année-là sous la forme de trois journées de rencontres inoubliables, organisées autour d’un mémorable dialogue ouvert entre Peter Brook et Grotowski, assorti d’une importante contribution d’interventions et de témoignages, d’une projection de documents audiovisuels et d’ateliers ouverts au public auxquels participèrent, outre le metteur en scène lui-même, quelques-uns de ses comédiens préférés.  La documentation de ces journées se trouve aujourd’hui rassemblée dans le livre «  Les années de Peter Brook ».  A partir de cette édition, le Prix Europe bénéficia du patronage de la Communauté Européenne et commença, en outre, sa collaboration avec l’Association Internationale des Critiques de Théâtre. La IIIe édition récompensa Giorgio Strehler pour sa grande contribution à la formation d’une Europe du théâtre et de la culture et inaugura la collaboration du Prix avec l’Union des Théâtres de l’Europe, sur demande explicite de Strehler. Elle institua en outre le Prix Europe Nouvelles Réalités Théâtrales qui fut remis à Anatolij Vassiliev. A cette occasion, le metteur en scène russe anima un atelier-spectacle d’une rare intensité. Le colloque sur Strehler s’acheva par la lecture, jouée et commentée par Strehler et Giulia Lazzarini, de scènes tirées de Elvire ou la passion théâtrale de Louis Jouvet. Le lauréat de la IVe édition fut Heiner Müller, poète et dramaturge. Le Prix Europe Nouvelles Réalités Théâtrales alla à Giorgio Barberio Corsetti, à Els Comediants et à Eimuntas Nekrosious, qui furent primés, respectivement, pour les nouveaux moyens scéniques utilisés, le théâtre de rue et le travail dramaturgique. La physionomie du Prix se précisait au fur et à mesure selon les désirs des Jurys : cette édition du Prix fut donc organisée autour d’intenses journées d’études et d’analyses, accompagnées de nombreux moments de création et de spectacles auxquels participèrent de nombreux spécialistes et des metteurs en scène de niveau international. Parmi les spectacles, rappelons la rencontre entre la musique et les mots proposée par le Prométhée de Heiner Müller mis en scène par Heiner Goebbels, le Faust de Giorgio Barberio Corsetti et le Mozart et Salieri ainsi que des extraits des Trois Sœurs avec une mise en scène de Eimuntas Nekrosius, présentés en première mondiale, un événement qui contribua à faire connaître le travail théâtral du réalisateur lithuanien dans le reste de l’Europe. Dans la section Retours, Anatolij Vassiliev présenta une première européenne de l’Amphitryon de Molière. Avec la Ve édition on franchissait pour la première fois les frontières européennes en rendant hommage à Robert Wilson et à la dimension planétaire de son théâtre : à cette occasion, Wilson anima, avec chaleur et vivacité, le colloque qui lui fut consacré et présenta Perséphone. Le Prix Europe Nouvelles Réalités Théâtrales, remis ex-aequo au Théâtre de Complicité, une des compagnies anglaises les plus intéressantes de ces dernières années, et à la révélation Carte-Blanche-Compagnia della Fortezza, qui promeut depuis des années l’idée d’un théâtre comme rachat pour la liberté et la dignité humaine en travaillant avec des acteurs-non acteurs détenus dans les prisons italiennes de Volterra. La section Retours propose un spectacle de Vassiliev, Les lamentations de Jérémie, inspiré par la spiritualité, la musique et les rituels orthodoxes et, en première mondiale, des extraits du Hamlet de Nekrosious. Présidé par Jack Lang, le jury international de la VIe édition remit le Prix Europe à Luca Ronconi et le IVePrix Europe Nouvelles Réalités Théâtrales à Christoph Marthaler. La remise des prix concluait un intense calendrier de travaux et d’événements. Les colloques internationaux furent au nombre de deux : le premier sur le « Spectacle live : information, critique, institution » et le deuxième sur la « Méthode Ronconi ». Pour illustrer le travail de Ronconi, ce dernier présenta un épisode des Frères Karamazov, tandis qu’une répétition ouverte au public, en avant-première, de Ce soir on improvise de Pirandello, révéla quelques secrets de sa « méthode ». La rencontre avec Christoph Marthaler ouvrit une fenêtre sur l’ironie tranchante, la débordante vivacité intellectuelle et l’approche du théâtre d’un personnage communément considéré comme un génie par ses interlocuteurs internationaux. La section Retours fut consacrée à Robert Wilson, qui, pour le centenaire de la naissance de Bertolt Brecht proposa, avec le Berliner Ensemble, Der Ozeanflug, sur des textes de Brecht, Heiner Müller et Fiodor Dostoïevski. Le théâtre-danse et la personnalité charismatique de Pina Bausch donnèrent à la VIIe édition du Prix Europe une physionomie particulière. Les interventions de danseurs, de collaborateurs et de témoins du travail de l’artiste allemande au colloque international « Sur les traces de Pina », allèrent de l’Europe à l’Inde, du Japon aux Etats-Unis, de Palerme à l’Australie. Un voyage constitué d’émotions, de souvenirs et de performances, couronné par le spectacle anthologique Small Collection, offert par Pina Bausch et sa compagnie historique, le Tanztheater de Wuppertal, et complété par des films, des vidéos et une exposition photographique. Le Ve Prix Europe Nouvelles Réalités Théâtrales fut conféré au Royal Court Theatre pour avoir su valoriser et défendre une toute nouvelle génération d’auteurs, parmi lesquels Sarah Kane, Mark Ravenhill, Jez Butterworth, Conor McPherson et Martin Mc Donagh. L’activité du Royal Court Theatre fut illustrée à travers la rencontre «  En scène, le Royal Court », un colloque scandé par des lectures et des démonstrations tirées des œuvres de la dramaturgie britannique la plus récente, avec la collaboration des comédiens du Royal Court. A cette occasion, The Weir de Conor Mc Pherson, mis en scène par Ian Rickson fut présenté en exclusivité pour l’Italie. Pour la section Retours, Christoph Marthaler proposa, avec un extraordinaire ensemble, Die Spezialisten, un spectacle qui connut un énorme succès. Parmi les initiatives collatérales, rappelons deux rencontres importantes : « Ecrire/représenter : exemples de nouvelle dramaturgie européenne », un colloque proposé par le Jury du Prix Europe et suivi d’une mise en espace réalisée par le Théâtre Ouvert ainsi que « L’Art de l’acteur, développement et changements dans ces quinze dernières années », débat organisé par l’Union des Théâtres de l’Europe avec la participation, entre autre, d’Erland Josephson. A partir de cette édition, le Prix bénéficie du parrainage de la Convention Théâtrale Européenne, qui devient également organisme associé. Lors de la VIIIe édition, la décision de récompenser Lev Dodin ne représentait pas uniquement un hommage à l’un des meilleurs élèves de Stanislavski, mais permettait également d’ouvrir une brèche sur l’incessante activité du metteur en scène sibérien et du Maly Teatr de Saint-Pétersbourg, où, en dépit des précarités institutionnelles et économiques, on assiste à un ferment créatif, sans comparaison en ce moment en Europe. Le travail de Dodin ainsi que le contexte dans lequel il s’exerce en grande partie, ont pu être appréciés dans le cadre d’un colloque riche en interventions et témoignages et à travers deux spectacles : La Maison de Fiodor Abramov – dont la reprise dans le cadre du festival de Taormine a été fortement voulue par Dodin lui-même - et la première mondiale de Molly Sweeney de Brian Friel. Le VIe Prix Europe Nouvelles Réalités Théâtrales a été remis aux Hollandais du Theatergroep Hollandia, au metteur en scène allemand Thomas Ostermeier et aux Italiens de la Societas Raffaello Sanzio. Quatre spectacles ont été proposés par les artistes primés : Voices, tiré de Pasolini et Ongebluste Kulk (Hollandia), Crave de Sarah Kane (Thomas Ostermeier), Amleto, la veemente esteriorità della morte di un mollusco (Societas Raffaello Sanzio). Un prix spécial a été remis au BITEF (Belgrade International Theater Festival), tandis qu’une mention spéciale a été conférée à Ibrahim Spahic pour son activité à Sarajevo durant les journées désespérées du conflit. Le Retour de Peter Brook (IIe Prix Europe pour le Théâtre) avec Le Costume, de l’écrivain sud-africain Can Themba, produit par le Prix Europe, a permis de rendre hommage à l’un des plus grands metteurs en scène vivants et à l’éclectisme rigoureux de son théâtre. Dans la IXe édition du Prix Europe, le théâtre se dilate, dépasse ses frontières et se réaffirme – en se mêlant au cinéma, à la danse et à la musique – en intégrant différentes tendances qui animent la scène contemporaine. En décidant de primer Michel Piccoli, le Jury a souhaité célébrer un grand artiste délicieusement européen et une manière de concevoir le métier d’acteur qui, en traversant les genres (théâtre, cinéma), trouve, dans un style qui ne peut être séparé de l’homme et de son engagement civique, sa raison fondamentale. Michel Piccoli présente, au théâtre Massimo Bellini de Catane, un événement théâtral conçu en exclusivité pour le Prix Europe pour le Théâtre : Piccoli- Pirandello, à partir des Géants de la Montagne, réalisé avec la complicité de Klaus Michael Grüber. Cet événement constitue également un hommage à l’île, au mythe, au théâtre et à ses « lieux ». A Piccoli sont consacrés un colloque, « Michel Piccoli, entre le théâtre et le cinéma » et une rétrospective de films interprétés par le grand acteur français. Heiner Goebbels, lauréat du VIIe Prix Europe Nouvelles Réalités Théâtrales, propose deux spectacles de niveau exceptionnel : Max Black est un compendium d’épistémologie, d’art, de musique et de philosophie qui s’articule autour d’une partition musicale visuelle, verbale, gestuelle et « pyrotechnique » confiée à la voix et au corps d’André Wilms, et The Left Hand of Glenn Gould, une performance qui a vu le jour durant un stage tenu par Goebbels en Allemagne à la Justus Liebig Universität de Giessen, auquel ont également collaboré des boursiers de l’atelier multimédia « Fabrica »de Trévise. En attribuant le Prix Nouvelles Réalités Théâtrales à Alain Platel, on a voulu reconnaître l’intense activité d’un danseur, chorégraphe et metteur en scène qui a su abattre les barrières entre différentes disciplines (danse, théâtre, musique, cirque) ainsi que l’engagement d’un grand artiste en mesure d’élaborer et de monter, avec son collectif Les Ballets C. de la B., des spectacles d’une grande rigueur, en travaillant également avec des non-professionnels, des porteurs de handicap ou des enfants. Alain Platel a proposé avec un grand succès son spectacle Iets op Bach, avec un ensemble de neuf musiciens et de neuf danseurs de son collectif. Sur des musiques de Bach, les danseurs du Ballets C. de la B., provenant du monde entier, se racontent et nous racontent leurs vies d’une manière crue et poétique. Deux rencontres ont été consacrées au théâtre de Goebbels et de Platel. Pour la Xe édition en 2006, le Prix Europe pour le Théâtre, décerné à Harold Pinter ainsi qu’à Josef Nadj et Oskaras Koursunovas pour les Nouvelles Réalités Théâtrales, s’est transféré à Turin. Ses activités, qui se sont déroulées dans le Théâtre de la ville, ont été insérées dans un programme spécial pour la culture créé à l’occasion des Jeux Olympiques d’Hiver. La Remise du Prix Europe pour le Théâtre à Harold Pinter n’a pas seulement célébré l’un des plus importants auteurs vivants, mais elle a souhaité indiquer une voie qui redevient importante dans ce moment particulier de la vie théâtrale et civique dans différentes parties du monde. Ainsi que l’indique la motivation du Prix, « bien qu’il soit un vrai poète du théâtre, Pinter est un écrivain politique, pas dans le sens de l’appartenance à l’idéologie d’un parti mais dans son attaque contre la violation de la dignité humaine et le mauvais usage de la langue de la part de ceux qui détiennent le pouvoir ».  A ce propos, la rencontre-interview avec Pinter organisée par Michael Billington, critique de The Guardian et biographe officiel du dramaturge, a été inoubliable. La rencontre - introduite par le discours de bienvenue de Jan Figel`, Commissaire Européen pour l’Education, la Formation et la Culture - a été précédé par le colloque « Pinter: Passion, Poetry and Politics ». L’hommage à Pinter a été complété par la représentation de The new world order, un choix de pièces du dramaturge anglais réunies dans une mise en scène de Roger Planchon et par Pinter Plays, Poetry & Prose organisé par le Gate Theatre de Dublin avec la participation des acteurs Charles Dance, Michael Gambon, Jeremy Irons et Penelope Wilton. A Josef Nadj, Prix Nouvelles Réalités Théâtrales, a été consacrée la rencontre « Josef Nadj, un théâtre en chair et en ombre » ;  la rencontre a été suivie de Duo, une performance de Nadj extraite du Canard Pékinois. Oskaras Korsunovas a proposé deux spectacles ayant eu un impact considérable : Playing the Victim, un texte des frères Presnyakov, et Le Maître et Marguerite de Mikhail Boulgakov. Une rencontre a été consacrée à Lev Dodin, à l’occasion de la présentation du livre bilingue Lev Dodin, « Le creuset d’un théâtre nécessaire/The melting pot of an essential theatre », publié par le Prix Europe et rassemblant les actes de la VIIIe édition du Prix. La section Retours,  consacrée à Luca Ronconi, a proposé une rencontre avec le metteur en scène et trois des cinq spectacles ronconiens créés à Turin à l’occasion des Jeux Olympiques d’Hiver : Troïlus et Cressida de William Shakespeare, Il Silenzio dei Comunisti de Vittorio Foa, Miriam Mafai et Alfredo Reichlin, Biblioetica, dizionario per l’uso de Gilberto Corbellini, Pino Donghi et Armando Massarenti. Par ailleurs, la Xe édition a accueilli le 22e Congrès et l’Assemblée Générale de l’Association Internationale des Critiques de Théâtre, qui s’est réunie à nouveau en Italie après vingt ans. L’association s’est interrogée sur le rôle de la critique aujourd’hui, dans une réunion au thème plutôt radical : « The End of the Criticism ? ».  En outre, en 2006 le Prix Europe pour le Théâtre a déplacé une partie de ses activités en Pologne : en effet la ville de Varsovie a accueilli d’octobre à novembre dans le cadre du festival « Teatralnych Spotkania » un vaste programme de la section « Retours » du Prix. La XIe Edition du Prix Europe pour le Théâtre s’est déroulée à Salonique et elle a été financée par le Ministère grec de la Culture qui a confié son organisation au Théâtre National de la Grèce du Nord. Le Jury international, qui s’est réuni en 2006 à Turin, a décerné le Prix Europe pour le Théâtre ex aequo à Robert Lepage et Peter Zadek tandis que le IXe Prix Europe Nouvelles Réalités Théâtrales a été décerné à Biljana Srbljanovi─ç et Alvis Hermanis. Au travail théâtral de Robert Lepage, l’un des metteurs en scène les plus intéressants et les plus créatifs d’aujourd’hui, a été consacré un congrès auquel ont participé des critiques et des spécialistes de différents pays. Le congrès a été suivi de la représentation de quelques extraits de ses pièces de théâtre à travers lesquels il a été possible d’apprécier, avec l’auteur et metteur en scène lui-même souvent sur les planches, l’aspect visionnaire et poétique d’un véritable maître du théâtre contemporain. L’approche envers la scène de Peter Zadek, qui a évolué au cours de sa longue carrière, a pu être admirée lors de la représentation du Peer Gynt d’Ibsen monté par le metteur en scène allemand avec le Berliner Ensemble. A Biljana Srbljanovi─ç ont été consacrés un colloque et une conférence, suivis d’une lecture de ses œuvres et du spectacle Locusts. Alvis Hermanis, acteur, auteur et scénographe letton, a proposé deux spectacles qui ont mis en évidence un style de travail sachant aller au-delà de la représentation, en plongeant dans la condition existentielle nue de « personnages ». Les deux travaux proposés, qui sont représentatifs de cette recherche et sont tous les deux écrits et mis en scène par Hermanis, ont été Long Life  et Fathers. Par ailleurs, une démonstration a été consacrée au dernier travail en cours de réalisation de l’auteur et metteur en scène letton, The Sound of Silence. Une conférence et un colloque ont conclu les travaux dédiés au théâtre de Hermanis. Au cours de la XIe édition du Prix Europe pour le Théâtre s’est également tenu un colloque de l’Association Internationale des Critiques de Théâtre sur le thème : « Prizes, who needs them? »  La manifestation s’est terminée comme d’habitude par la cérémonie officielle de remise des prix. Le XIIe Prix Europe pour le Théâtre a été décerné au metteur en scène français Patrice Chéreau. Quant au Xe Prix Europe Nouvelles Réalités Théâtrales, les lauréats ont été le collectif suisse-allemand de metteurs en scène Rimini Protokoll, la danseuse et choréographe allemande Sasha Waltz et le metteur en scène polonais Krzysztof Warlikowski.  En outre, le Jury international a attribué une mention spéciale dans le cadre du Prix Europe Nouvelles Réalités Théâtrales au collectif artistique biélorusse Belarus Free Theatre. Les travaux de la XIIe édition du Prix Europe pour le Théâtre se sont déroulés pour la deuxième année consécutive à Salonique et ils ont été financés par le Ministère grec de la Culture, qui a confié l’organisation de la manifestation en Grèce au Théâtre National de la Grèce du Nord.  L’hommage rendu à Patrice Chéreau comprenait un congrès avec pour thème l’activité protéiforme et incessante du metteur en scène français. En outre, Chéreau a présenté deux « lectures » théâtrales : La douleur, un texte-journal de Marguerite Duras et, après la remise des prix, Coma d’après un texte de Pierre Guyotat, qui comme La douleur a été spécialement créé pour le Prix Europe pour le Théâtre. Par ailleurs, durant la manifestation a eu lieu la projection du film De la Maison des Morts, d’après l’œuvre de Janacek mise en scène par Chéreau.  La conférence-colloque avec les Rimini Protokoll, lauréats du Xe Prix Europe Nouvelles Réalités Théâtrales a analysé l’œuvre des trois metteurs en scène. Leur spectacle Mnemopark raconte la Suisse d’aujourd’hui, le pays des montres et de délicieux petits trains qui traversent des paysages alpins avec des interviews ressemblant à un documentaire. Le film Wahl Kampf Wallenstein, réalisé par Helgard Haug et Daniel Wetzel (Rimini Protokoll) se concentre sur l’interprétation que certains acteurs non professionnels donnent de l’œuvre de Friedrich Schiller. Le film Garden of Earthly Delights – the Choreographer Sasha Waltz de Brigitte Kramer, consacré à la figure de la danseuse et choréographe allemande Sasha Waltz, a été présenté. La conférence-colloque dédiée à Krzysztof Warlikowski a introduit l’hommage rendu au metteur en scène polonais. Warlikowski a monté Cleansed (Purifiés) de Sarah Kane. La mise en scène du metteur en scène polonais a pleinement rendu le sens profond de claustrophobie et d’inquiétude irréparable transmis par le texte de Sarah Kane.  Le colloque avec le Belarus Free Theatre a donné la possibilité au groupe d’artistes biélorusses de parler des trois pièces présentées à l’occasion du Prix. Le leader de l’opposition biélorusse Alexander Milinkevich a participé à la conférence. Les spectacles présentés – Zone of Silence, spécialement monté pour le Prix Europe pour le Théâtre en avant-première mondiale, Generation Jeans et Being Harold Pinter – dénoncent toute entrave à la liberté d’expression.  La section Retours a présenté Hamlet de Shakespeare, un travail en cours d’Oskaras Korsunovas, VIIIe Prix Europe Nouvelles Réalités Théâtrales. Ce spectacle a anticipé l’avant-première mondiale qui s’est déroulée à Stavanger Capitale Européenne de la Culture 2008, qui l’a coproduit avec Vilnius Capitale Européenne de la Cultura 2009 et avec le Prix Europe pour le Théâtre.  Dans la section Perspectives grecques, le Théâtre National de la Grèce du Nord a offert sa contribution à la XIIe édition du Prix Europe pour le Théâtre en proposant Les Bacchantes d’Euripide. Par ailleurs un colloque sur le vaste sujet des diversités culturelles a été organisé par l’Association grecque des critiques de théâtre et de musique en collaboration avec l’Association Internationale des Critiques de Théâtre et le Théâtre de la Grèce du Nord ; le principal intervenant était Richard Schechner. En outre, la manifestation a été l’occasion de présenter le livre Giorgio Strehler ou la passion théâtrale/Giorgio Strehler or a passion for theatre, une édition bilingue, développée et enrichie de témoignages inédits de la monographie Giorgio Strehler o la passione teatrale publiée par Ubulibri et consacrée à Giorgio Strehler, le lauréat du IIIe Prix Europe pour le Théâtre en 1990. Le volume en français et en anglais a été publié à l’occasion du dixième anniversaire de la mort du grand metteur en scène, fondateur du Piccolo Teatro de Milan. La manifestation s’est terminée comme d’habitude par la cérémonie officielle de remise des prix. Les manifestations de la XIIIe édition du Prix Europe pour le Théâtre et de la XIe édition du Prix Nouvelles Réalités Théâtrales se sont déroulées à Wroc┼éaw, en Pologne à l’occasion des commémorations organisées en l’honneur de Grotowski sous les auspices et avec le soutien du Ministère de la Culture polonais et de la Ville et du Maire de Wroc┼éaw. En Pologne, l’organisation de l’événement a été confiée à l’Institut Grotowski. La remise du XIIIe Prix Europe pour le Théâtre à Krystian Lupa a récompensé un maître du théâtre d’art, une référence pour la scène internationale contemporaine. L’hommage rendu au lauréat prévoyait un congrès avec les témoignages de critiques, d’experts de théâtre et de collaborateurs du metteur en scène polonais ainsi que trois représentations : Factory 2, une production inspirée d’Andy Warhol et des personnages de sa “Silver Factory” qui ont contribué à en créer le mythe. Les Présidentes, d’après un roman de Werner Schwab, décrit la vie de trois femmes de milieu populaire, sous l’emprise du bigotisme religieux, d’un travail humiliant et de la télévision comme unique distraction d’une existence toujours semblable. En outre, Lupa a présenté en avant-première mondiale Personne : Marilyn, première partie d’une trilogie inspirée de Marilyn Monroe, Simone Weil et Gurdjieff. Par ailleurs, durant la manifestation s’est déroulée la projection du film Kalkwerk, qui a reproposé la mise en scène de l’un des plus grands succès de théâtre de Lupa.  Quant au Prix Europe Nouvelles Réalités Théâtrales, le Jury (assisté par le Conseil composé de près de 300 experts du théâtre européen) après avoir constaté que les noms de certains candidats revenaient fréquemment et avec le nombre le plus élevé de votes depuis les dernières éditions du Prix, déjà entre 1996 et 2001, et tous avec un niveau qualitatif très élevé et différentes caractéristiques artistiques, a décidé de décerner le Prix Europe Nouvelles Réalités Théâtrales XIe édition aux cinq premiers metteurs en scène et réalités théâtrales déjà consolidés et affirmés sur la scène internationale ayant été les plus votés dans les candidature de cette édition. Il s’agit de Guy Cassiers (Belgique), Pippo Delbono (Italie), Rodrigo García (Espagne/Argentine), Arpad Schilling (Hongrie), François Tanguy et le Théâtre du Radeau (France). Ce choix a été fait conformément au Règlement du Prix qui indique le PENRT comme une “occasion de rencontre et de confrontation entre différents moments expressifs du nouveau théâtre européen”, et avec l’auspice de pouvoir ouvrir à partir des prochaines éditions une autre phase du PENRT à une génération d’artistes et de groupes émergents ou pas encore bien connus au niveau international, et également pour laisser place et offrir de la visibilité aux candidatures des pays mineurs. Le Prix Europe Nouvelles Réalités Théâtrales, comme le souhaitait le Jury et les promoteurs, est passé à partir de cette édition de 20 000 à 30 000 €. Les cinq lauréats du XIe Prix Europe Nouvelles Réalités Théâtrales ont offert au public un riche programme de leurs spectacles de répertoire les plus représentatifs, de créations spéciales pour le Prix Europe pour le Théâtre, de conférences d’étude sur leur œuvre jusqu’à présent et de colloques avec la presse et le public au cours desquels les lauréats ont parlé de leur approche envers le théâtre et de leurs projets futurs. Guy Cassiers a monté Rouge Décanté d’après un roman de Jeroen Brouwers, un monologue centré sur l’élégie en mémoire de la mère du protagoniste, qui avait partagé avec son fils l’expérience de l’internement dans un camp de prisonniers japonais durant la deuxième guerre mondiale. En outre, durant les journées du Prix il a été possible de visiter l’installation Phalanx, issue de la collaboration entre Guy Cassiers et le vidéaste Kurt d’Haeseleer, une installation artistique sur le pouvoir de la politique, des médias et le pouvoir/l’impuissance de l’art, inspirée par la trilogie théâtrale de Cassiers Triptyque du pouvoir. Pippo Delbono a présenté trois spectacles. Il tempo degli assassini est un voyage “on the road” qui raconte de manière semi-autobiographique la vie du metteur en scène italien et de Pepe Robledo, son co-protagoniste sur scène. Questo buio feroce est un spectacle tiré du journal de l’écrivain américain Harold Broadkey, qui part de la réflexion sur la maladie, la douleur et la mort pour se transformer en un hymne à la vie. Par ailleurs, à la fin du colloque qui lui est consacré, Delbono a présenté Storia di un viaggio teatrale nei luoghi sconosciuti tra rabbia e amore, solitudine ed incontro, costrizione e libertà, création spéciale pour le Prix Europe pour le Théâtre avec la participation, entre autre, de l’actrice Marisa Berenson. Rodrigo García a monté trois spectacles. Accidens. Matar para comer est une pièce qui parle des derniers moments de la vie et qui tente de représenter l’agonie du naturel. Dans Arrojad mis cenizas sobre Mickey, García se sert de la scène comme d’un grand récipient afin de faire réfléchir le public sur des thèmes controversés mais extrêmement actuels. En outre, à la fin du colloque qui lui était consacré, García a présenté El Perro, une création spéciale pour le Prix Europe pour le Théâtre avec la participation d’un groupe de jeunes acteurs polonais.  Árpád Schilling a présenté et commenté pour le public sa dernière création, Éloge de l’Escapologiste, à la fin de son colloque.  François Tanguy avec le Théâtre du Radeau a présenté Ricercar, un spectacle historique de son répertoire.  Dans le cadre des manifestations du prix une section a été consacrée au pays d’accueil, Regard sur la Pologne, qui a accueilli d’importantes contributions telles que l’exposition de photos de Maurizio Buscarino sur Grotowski, Apocalypsis cum Figuris, le colloque Jouer avant et après Grotowski (en collaboration avec l’Association Internationale des Critiques de Théâtre) et la présentation du livre de photos consacré à Krystian Lupa, Lupa/Teatr, sans oublier Mozart Writes Letters, un spectacle de marionnettes, et Lincz d’après Yukio Mishima. Par ailleurs cela a été l’occasion de présenter le livre Theatre and humanism in a world of violence de Ian Herbert et Kalina Stefanova, qui réunit les actes du XXIVe Congrès mondial de l’AICT.  La manifestation s’est terminée comme d’habitude par la cérémonie officielle de remise des prix, qui à cette occasion a été retransmise en direct par la télévision polonaise.